Victoire contre la censure : la mairie de Toulouse déboutée par le tribunal administratif

Le collectif toulousain (regroupant associations, collectifs, partis, syndicats) organisateur d’une manifestation et d’une soirée de solidarité avec le Sahara occidental le 9 mai 2026, remporte une victoire importante face à la mairie de Toulouse. 

Saisi en référé liberté, après la décision de la mairie d’empêcher la tenue de l’évènement en réquisitionnant la salle Osète, pourtant réservée et payée par l’organisateur, le tribunal administratif a donné raison aux collectifs.

Lors de l’audience, la mairie a tenté de justifier son interdiction en invoquant une prétendue menace à l’ordre public  en raison de la tenue et du contenu de l’évènement.

Des arguments fallacieux qui n’ont pas convaincu le tribunal et qui révèlent avant tout de l’alignement politique de l’État français, et de la majorité municipale, sur le soutien à la colonisation marocaine du Sahara occidental, ainsi qu’une volonté de céder aux pressions d’associations marocaines réclamant l’annulation de l’évènement.

Les pressions n’ont pas réussi à faire taire la solidarité avec le peuple sahraoui. Le collectif continuera à défendre le droit de débattre, de s’organiser et d’exprimer sa solidarité avec les luttes anticoloniales et anti-impérialistes et pour le droit à l’autodétermination des peuples. 

Libération du Sahara occidental ! Vive la lutte du peuple sahraoui ! 

La mairie de Toulouse censure un évènement en solidarité avec le Sahara occidental

Communiqué de presse
– – – – – – – – – – – – – – – – –
A Toulouse la Mairie réquisitionne la salle municipale Osète, louée initialement par notre collectif (regroupant associations, collectifs, partis, syndicats) afin d’y organiser une projection-débat en solidarité avec la lutte du peuple sahraoui. La salle municipale Osète, louée pour le 9 mai (facture payée le 7 avril et visite technique réalisée le 22 avril), a été réquisitionnée via un mail expédié le 30 avril sans autre explication.

L’évènement consiste en une projection-débat ainsi qu’une exposition de photos et des prises de paroles de jeunes sahraoui.es et du représentant du Front Polisario Mohamed Ali ZEROUALI. Il vise à informer les citoyen-nes de l’histoire du Sahara occidental, victimes de la colonisation par le Maroc depuis la grande marche dite « marche verte » de 350 000 marocains, lancée par l’armée et le gouvernement en 1975 avec bombardement au napalm, obligeant les Sahraoui-es à se réfugier en plein désert algérien. Il a pour objectif d’expliquer les raisons pour lesquelles les Sahraoui-es contestent la prétendue marocanité du Sahara occidental.

Le collectif toulousain soutient le peuple sahraoui qui réclame un référendum d’autodétermination, en application du droit international et du mandat confié par l’ONU à la MINURSO depuis 1991. Il condamne les tentatives d’annexion par le Maroc et l’actuelle colonisation de peuplement de la plus grande partie du Sahara occidental. Il dénonce aussi ce mur de séparation de 2700 km de long, truffé de mines et en permanence sous surveillance policière, entre les territoires occupés par le Maroc et les territoires libérés par le Front Polisario. Ainsi que le soutien permanent de la France à cette colonisation.

Nous exigeons des explications de la part de la mairie sur le motif de cette soudaine réquisition. Nous établissons un rapprochement avec la promptitude du maire de Toulouse Mr Moudenc à cautionner, en avril 2025, les accusations mensongères de Samir Hajije, un de ses adjoints, destinées à discréditer les organisateurs de l’accueil à Toulouse de la Marche pour la Liberté, de Paris à la prison de Kénitra au Maroc, réclamant la libération des prisonniers politiques. Mensonge reconnu par la justice puisque la plainte de Samir Hajije a été classée sans suite.

https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/une-grossiere-manipulation-pour-virer-la-cgt-de-la-bourse-du-travail-les-faits-sur-l-agression-inventee-par-un-elu-de-la-majorite-municipale-3065683.html

Nous ne pouvons, non plus, ne pas évoquer le nombre de fois où des manifestations et évènements de soutien à la lutte du peuple palestinien ont été interdites ou empêchées à Toulouse.

Nous rappelons que les salles municipales sont des biens publics. Elles ne sauraient être considérées comme la propriété privée du maire ou de la majorité municipale, qui décideraient arbitrairement de leur attribution. Ainsi, le collectif toulousain réclame le droit d’organiser à Toulouse, dans les salles municipales, des événements anti-impérialistes et anticolonialistes. Ces initiatives relevant de l’éducation populaire ont pour objectif d’informer, notamment sur la nécessité pour la France de cesser de rejeter les droits à l’autodétermination et à la libération des peuples autochtones colonisés (sahraoui, palestinien, kanak, …).

Le collectif a déposé un référé liberté le 7 mai 2026 au tribunal administratif pour faire annuler cette décision.

MOBILISATION POUR LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES MIGRANT-ES


📢🔥 JEUDI 18 DÉCEMBRE – TOULOUSE
À l’appel de la Marche des Solidarités, des collectifs, associations, partis politiques et syndicats appellent à la mobilisation, à la grève et à une marche antiraciste
Contre le racisme d’État et l’impérialisme, solidarité avec toustes les immigré.es

NI CRA NI PRISON NI EXPULSION

14h – Projection & discussion « Les petites mains invisibles »
📍La chapelle – 36 rue Danielle Casanova

16h – AG antiraciste
📍La chapelle – 36 rue Danielle Casanova

18h30 – MANIFESTATION 📢
📍RDV Conseil départemental de la Haute-Garonne – 1 bd de la Marquette

Week-end anticolonial

En hommage aux martyrs Algériens du 17 octobre 1961 et en soutien à toutes celles et ceux qui luttent encore contre les États coloniaux, racistes et impérialistes ici comme ailleurs.

VENDREDI 17 OCTOBRE 2025
Marche anticoloniale – 18h30 – départ parvis Marengo Toulouse

SAMEDI 18 OCTOBRE
Hangar de la Cépière, 8 rue Bagnolet, Toulouse

Hier comme aujourd’hui : à bas le colonialisme !
Honorons la mémoire des martyrs du 17 octobre 1961

Le 17 octobre 1961, à l’appel de la Fédération de France du FLN, des dizaines de milliers d’Algériens et d’Algériennes entreprennent une marche pacifique dans Paris. L’objectif est de boycotter le couvre-feu illégal et raciste imposé aux seul·es « français·es musulman·es d’Algérie » et de sensibiliser l’opinion publique française à l’indépendance de l’Algérie. Cette manifestation, sauvagement réprimée par la police du sinistre préfet de Paris, Maurice Papon, sous les ordres du gouvernement de Michel Debré, un farouche opposant à l’indépendance de l’Algérie, se termine dans le sang. Les victimes se comptent par centaines, disparues, noyées dans la Seine. Les jours qui suivent, plus de 10 000 Algérien·nes sont raflé·es, interné·es et matraqué·es. S’en suivent tortures et exécutions.

Ce massacre d’État a été occulté et n’a jamais été officiellement reconnu par l’État français, comme tous les crimes coloniaux perpétrés pendant 132 ans en Algérie.

Plus largement, l’absence de condamnation claire et officielle du colonialisme est le reflet des politiques actuelles dans les territoires d’outre-mer et de la politique impérialiste de la France.

À bas le colonialisme et l’impérialisme français !

L’État français maintient sa présence néocoloniale, notamment militaire, soutient des régimes corrompus partout où ses intérêts économiques et stratégiques sont en jeu, continue de piller le sous-sol du continent africain. Ainsi, Macron a officialisé le soutien de la France à la colonisation du Sahara Occidental par le Maroc durant l’été 2024. De la même manière, l’État réaffirme sans cesse sa domination coloniale aux Antilles, à la Réunion ou encore à Mayotte où la répression est permanente, comme avec la déportation de milliers de comorien·nes vers les autres îles de l’archipel.

En mai 2024 en Kanaky, une vaste révolte a ébranlé le pays contre l’adoption de la loi sur le dégel du corps électoral à l’Assemblée nationale visant à renforcer plus de 170 ans de colonisation de peuplement française sur l’île. Face à cette mobilisation légitime, l’État a emprisonné et déporté des dizaines de Kanak en métropole. Aujourd’hui, l’accord de Bougival proposé par le gouvernement français vise à nier le droit à l’autodétermination du peuple Kanak sur leur terre. Un projet fermement rejeté par le Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS).

La France complice du génocide en Palestine
Depuis deux ans, Israël mène un génocide dans la bande de Gaza qui a déjà fait des centaines de milliers de victimes palestiniennes, des millions de déplacé·es et détruit la quasi-totalité des infrastructures de l’enclave palestinienne. Parallèlement, l’État sioniste poursuit sa politique coloniale, d’occupation et de nettoyage ethnique dans toute la Palestine, en particulier en Cisjordanie et à Jérusalem. Alors que le gouvernement israélien a annoncé sa volonté d’occuper totalement Gaza, les États occidentaux, dont la France, continuent d’être des soutiens économiques et politiques de cet État génocidaire.

Rendre hommage aux victimes du 17 octobre 1961, c’est rendre hommage au peuple algérien et c’est soutenir toutes celles et ceux qui luttent encore contre les États coloniaux, racistes et impérialistes ici comme ailleurs. L’Algérie a vaincu, la Palestine, la Kanaky, le Sahara Occidental et tous les peuples en résistance vaincront !

Afa Tolosa • Asso 31 • Attac Toulouse • CGT Educaction31 • Collectif Populaire contre l’Extrême droite • Collectif Vietnam Dioxine 31 • Comité de Soutien à la Palestine 31 • CPES Mirail • CREA • INSA en lutte Toulouse • Jeunesse Active Sahraouie • Le poing levé • LJR • Nous Toustes 31 • NPA 31 • Nta Rajel ? • PCR Toulouse • RETSER 31 • Révolution Permanente • Secours Rouge Toulouse • Solidaires31 • Solidarité Palestine Toulouse • Sud Education 31-65-82 • Toulouse Anti CRA • Tsedek ! • UCL Toulouse • Union Etudiante • Watizat Toulouse

Soirée en soutien aux prisonnier.es du CRA de Toulouse

– 17h Table ronde
L’enfermement administratif : dispositif colonial
// en Algérie coloniale et rétention des étranger·es aujourd’hui en France // détention des palestinien·nes sous l’occupation israélienne
avec Toulouse Anti CRA & militant·es anti-impérialistes et antisionistes

– 19h Repas vegan
– 20h DJ set – BOTCHO – afro rave
17h-22h
La Chapelle – 36 rue Danielle Casanova
Participation libre (espèces uniquement) – accès PMR

Manifestation pour la libération des prisonniers politiques et du peuple sahraoui

Du 17 au 20 avril 2025 la Marche pour la Liberté passera par Toulouse. Partie d’Ivry le 30 mars et traversant la France puis l’Espagne en direction de la prison de Kénitra au Maroc, où elle arrivera le 2 juin 2025, elle a pour objectif de faire connaître la cause sahraouie et celle des prisonniers politiques.

Texte d’appel : https://iaata.info/Manifestation-pour-la-liberation-des-prisonniers-politiques-et-du-peuple-7544.html

Prise de parole de Toulouse Anti CRA pour la journée internationale des migrant.es

Depuis plus de quarante ans, l’État français durcit sa politique contre les personnes étrangères. Les lois racistes s’enchaînent, renforçant la répression et la criminalisation des immigré·es. Ces lois sont accompagnées de discours à la fois racistes, sécuritaires et islamophobes, qui alimentent la haine et la suspicion envers les immigré·es, désigné·es comme des menaces potentielles.

La politique mortifère et impérialiste de fermeture des frontières a des conséquences concrètes et dramatiques pour les personnes qui vivent ou arrivent en France. Ces mesures ne cessent de tuer, la plupart du temps ces morts sont passées sous silence : à la frontière, dans les CRA, au travail, dans la rue.

La dernière loi Asile et Immigration, dite « loi Darmanin », raciste et assimilationniste, a multiplié les obstacles à tous les niveaux. Par exemple, un chantage est fait aux pays d’origine, la France donnant des visas aux ressortissants des pays qui collaborent pour bloquer l’immigration. L’accès à la procédure d’asile a été durci, tout comme les conditions pour le renouvellement et l’obtention des titres de séjour. Il faut désormais, en plus de justifier d’un certain niveau de français, souscrire un « contrat d’engagement au respect des principes de la République », un concept aux contours suffisamment flous qui renforce le pouvoir discrétionnaire des préfectures. Il s’agit de vérifier si les personnes étrangères adhèrent au « mode de vie » de la société française. De la même manière, la notion vague de « menace à l’ordre public » permet aux préfectures de décider de manière totalement arbitraire qui peut être expulsé du territoire.

Toutes ces mesures racistes permettent à l’État de créer une main d’œuvre jetable et expulsable. Les personnes sans papiers sont poussées à s’invisibiliser, à accepter n’importe quelles conditions de travail, à vivre dans la peur et sans droit.

Les centres de rétention administrative sont au cœur de la politique répressive contre les personnes sans papiers. Rappelons que les CRA, dans leur forme actuelle, sont un héritage direct de la colonisation. Dans ces prisons, les personnes sans papiers subissent des violences et des conditions dégradantes, qui relèvent de la torture. Ce sont des lieux d’enfermement où les personnes peuvent mourir par privation de soin ou poussées au suicide.

Voici maintenant les revendications portées par les collectifs de sans-papiers, les mineur.e.s isolé.e.s et les femmes en lutte, ainsi que la Marche des Solidarités. Ces revendications sont les suivantes :

  • pour l’égalité des droits de toutes et tous et la régularisation des sans-papiers
  • pour la fermeture des centres de rétention et la liberté de circulation
  • pour le logement de toutes et tous les sans-abris, avec et sans papiers, l’application de la loi de réquisition et l’abrogation de la loi Kasbarian-Bergé
  • pour l’accès de toutes et tous à la santé et à l’école
  • pour l’abrogation de la loi Darmanin, de toutes les lois racistes, du pacte migratoire européen et du règlement Dublin
  • pour la solidarité internationale avec tous les peuples en lutte pour la justice, la liberté, l’égalité et la fin du colonialisme de la Palestine au Sahel en passant par le Liban, de la Kanaky à la Martinique en passant par Mayotte.

    Faisons front, ensemble, contre le racisme d’État, le colonialisme et le fascisme ! Solidarité avec tous les immigrés !

Prise de parole lors de la commémoration du 17 octobre 1961

Commémorer le massacre d’État du 17 octobre 1961 doit être l’occasion de nous rappeler que la  France est toujours un état colonial qui continue d’exercer une violence économique, politique et militaire en Afrique et dans les territoires ultra marins. Cette domination de la France sur ses anciennes colonies s’exerce aussi par la fermeture de ses frontières, et la militarisation des frontières de l’Europe.

Ce contrôle représente un marché en plein essor pour l’industrie militaire et sécuritaire, qui construit les murs, les camps et les systèmes de surveillance de plus en plus sophistiqués, qui  enferment et tuent les personnes exilées.
La France avec l’Europe a mis en place des partenariats à coup de milliards d’euros avec des pays de transit pour externaliser ses frontières, organiser et déléguer la barbarie de l’enfermement, des violences et des refoulements en mer et dans le Sahara ; l’Europe s’en lave ainsi les mains !

Le nombre de personnes qui meurent en Méditerranée, dans la Manche, au large des îles Canaries,  dans le Sahara, entre Mayotte et Les Comores ne cessent d’augmenter. La France et les autres états  européens son responsables de ces morts de masse ! Mais il y a des morts qui ne comptent pas. Il y a des vies qui ne valent pas d’autres vies.

En France, le CESEDA, le Code d’entrée et de séjour des étrangers, qui régit le droit des personnes étrangères, est un droit d’exception, raciste et sexiste, hérité du Code de l’indigénat, qui organisait le contrôle des dits « indigènes » en Algérie et dans les autres colonies. Le CESEDA, comme le code de  l’indigénat, met en place la limitation de circulation, l’enfermement administratif et les déportations des personnes étrangères.

Un an après l’indépendance de l’Algérie, en 1963, alors que les accords d’Évian prévoyaient la liberté de circulation pour les Algériens, la préfecture des Bouches-du-Rhône, en accord avec le ministère de l’Intérieur, crée une prison clandestine à Marseille dans le hangar d’Arenc destinée à parquer et déporter les Algériens. Cette prison clandestine est l’ancêtre des centres de rétention administrative, en effet depuis 1981 l’enfermement des personnes sans papiers a été légalisé.

Aujourd’hui, il y a 28 CRA sur tout le territoire et 11 projets de construction. Près de 45000 personnes par an y sont enfermées dont plus de la moitié à Mayotte, territoire colonial où ont lieu de véritables transferts forcés de population. Tout cela est rendu possible par la déshumanisation des personnes non-blanches, héritée des colonisations et perpétuée depuis. Cette racialisation justifie des traitements violents dans les lieux d’enfermement, mais aussi à Calais ou à la frontière franco-italienne, où les personnes exilées sont traquées comme des animaux. Par ailleurs, elle permet l’exploitation sans limite des travailleurs sanspapiers et la persécution dans l’espace public des personnes racisées.

C’est pourquoi, plus que jamais, nous avons besoin de nous mobiliser et de nous organiser contre ses politiques racistes meurtrières ici en France, en soutien aux personnes sans papiers mais aussi contre le colonialisme et l’impérialisme, car ces luttes sont indissociables !

A bas le colonialisme et l’impérialisme ! A bas les frontières ! Solidarité avec tous les immigrés et les peuples en lutte pour leur indépendance !