Situation au CRA de Toulouse le 4 mai : des expulsions vers la Roumanie, les frontières restent ouvertes pour déporter !

8 personnes sont enfermées au CRA de Cornebarrieu Toulouse. 2 ressortissants roumains ont été expulsés la semaine dernière dont la personne qui avait tenté de se pendre. Un charter est parti de Paris vers la Roumanie le 29 avril avec plus d’une trentaine de prisonniers notamment du Mesnil-Amelot et de Lille. Aussi, le 24 avril, 4 personnes ont été expulsées vers l’Albanie. Les frontières restent ouvertes pour les déportations, l’acharnement contre les étranger.e.s est prioritaire pour l’État français.

A Lille 4 prisonniers ont été tabassés et transférés à Metz suite à leur révolte contre les conditions de vie et pour leur libération. Leurs témoignages sont à lire sur le site  d’À BAS LES CRA :

“On va faire un tour de France gratuit des CRA, tant que ça ne s’améliorera pas ! » : révoltes au CRA de Lille et transferts au CRA de Metz

Au CRA de Toulouse : « Si tu veux pas partir, ils mettent un casque sur la tête et du scotch sur tout le corps et tout le monde te voit. »

09 février 2020

D. a grandi dans un orphelinat à Alep, il a quitté la Syrie à l’âge de 13 ans et a vécu et travaillé dans différents pays, notamment l’Égypte. Pour atteindre l’Europe il est passé par la Libye puis le Maroc, l’Espagne et enfin la France. Il a vécu à Toulouse, Nice et Marseille. Il travaillait sur des marchés à Toulouse. Il s’est fait arrêter à Bellefontaine. Il a été enfermé au CRA de Toulouse après sa levée d’écrou. Il a passé 4 mois à Seysses. Il évoque les violences de matons à l’intérieur de la prison.

« Oui, ici au CRA, il y a des violences, j’ai entendu des gens qui crient, les policiers ils nous insultent tous les jours, ils boivent de l’alcool, on voit leur table avec les bouteilles et ils mettent de la musique, ils prennent de la coke, je reconnais quand quelqu’un prend de la coke, ça se voit.

Oui, il y a des gens au mitard en ce moment mais je sais pas qui c’est.

On mange rien, c’est dégueulasse, c’est froid, il y a des plats périmés. Il y a 6 personnes au secteur D qui veulent pas manger, ils prennent un café le matin, c’est tout, ils mangent rien.

Je prends pas de médicaments pour dormir, ici, ils en donnent beaucoup mais après quand tu sors comment tu fais si tu n’as pas ces médicaments…

À côté du bureau de la Cimade, il y a une feuille pour les expulsions mais on on ne sait pas quand on est expulsé, ils préviennent pas, on peut pas prendre nos affaires… Si tu veux pas partir, ils mettent un casque sur la tête et du scotch sur tout le corps et tout le monde te voit. »